SHAVOUOT

Dimanche 31 Mai 98, (debut la veille)
  • Un cadeau venu d'un autre monde

  • LA THORA SOURCE DE L'EXISTENCE DES MONDES

    Selon la doctrine du "Tsimtsoum" un voile dissimule a nos yeux l'immanence divine dans l'univers, et le seul lieu effectif ou cette presence s'affirme dans le monde profane de la nature, est dans la Thora.
    En penetrant dans les mondes inferieurs elle a certes du modifier sa formulation en fonction des possibilites d'accueil limitees de ces mondes, mais au-dela des apparences elle conserve integralement dans son essence sa divine purete.
    La racine originelle superieure cachee de la Thora est situee a un tres haut niveau, au-dessus de tous les mondes. Elle est la racine premiere de l'emanation de la saintete divine.
    D-ieu l'a transmise et l'a implantee parmi nous afin que nous maintenions et soutenions cet Arbre de Vie. Depuis lors, la vie et l'existence de l'ensemble des mondes depend uniquement du developpement et de l'intensite de notre etude. Si nous nous livrons a une etude intensive et la soutenons sans defaillance, nous provoquons l'action de la racine primordiale superieure, source de saintes benedictions. Celle-ci deverse alors un surplus de benedictions, une vie eternelle et une puissante saintete sur l'ensemble des mondes.
    Si par malheur nous en arrivions tous a delaisser totalement la Thora, tous les mondes s'ecrouleraient en un instant.

    La subsistance des mondes, leur perseverance dans l'etre, ne peut pas etre recherchee en eux-memes. La force qui les anime, c'est l'energie divine deposee dans cette parole qui a precede la Creation, et qui recueillie par l'homme, a le pouvoir de les elever et de les orienter vers un plus-etre qui les arrache continuellement a nouveau du neant.

    STRUCTURE ESOTERIQUE DE LA THORA

    La Thora, a travers le processus de la descente et de l'emanation de degre en degre et de monde en monde, s'est reduite en revetant dans chaque monde, quelque chose de ce monde. Chaque monde suivant sa place et sa fonction respective lui a donne quelque chose, afin qu'il puisse supporter sa sainte lumiere.
    Lorsqu'elle est descendue jusqu'a notre monde, elle a pris certains elements de ses valeurs et de ses objets, de ses spheres, afin que ce monde aussi puisse recevoir la saintete de sa lumiere. Bien que parlant le langage du monde inferieur, la Thora y apporte ses propres valeurs, et y devoile des mysteres parmi les mysteres, les secrets, portant sur les questions de plus en plus elevees, jusqu'a l'infini. Tous les secrets superieurs sont inclus dans la Thora.

    La Thora possede un corps ... ce sont les preceptes de la Thora qui sont appeles "corps de la Thora"; ce corps est enveloppe dans un vetement qui est fait d'histoires de ce monde-ci. Les insenses ne voient que ces vetements (les histoires) Ceux qui ont un peu plus de sagesse ne considerent pas le vetement, mais le corps que ce vetement recouvre (Mitsvot). Les vrais sages, ne portent leur attention que sur l'ame, qui est le principe de la racine de toute la Thora.

    Par l'etude de la Thora, comme il convient, on provoque sa racine superieure, qui elle a son tour repand sur l'ensemble des mondes un flux abondant de sainte lumiere superieure. Grace a elle l'homme peut se sanctifier, et lier les mondes les uns aux autres. Toutes les defectuosites s'effacent, les defauts se reparent et les ruines s'edifient: un surplus de joie et d'allegresse, un supplement de lumiere superieure se repandent dans l'ensemble des mondes. On sait que toute chose ne parvient a sa restauration totale, que si la restauration atteint la racine superieure: or la racine superieure de l'ame de tout juif est liee a l'une des lettres de la sainte Thora.

    D-IEU LA THORA ET ISRAEL

    Le Zohar ecrit: "Quand le Saint beni soit-il crea le monde, il contempla la Thora et crea le monde. C'est avec la Thora qu'il crea le monde, comme nous l'ont enseignes nos sages; car il est ecrit: "J'etais a ses cotes, habile ouvriere (Amun)" (Pro. 8:30) Ne lis pas "Amun" (habile ouvriere), mais "Omen" (conseillere).
    D-ieu a regarde dans la Thora et a cree le monde, l'homme regarde dans la Thora et le maintient: ainsi creation et subsistance de l'univers ne dependent que de la Thora.

    D-ieu a convenu avec l'Oeuvre de la creation: Si Israel accepte la Thora vous subsisterez, sinon je vous ramenerai au "Tohu Bohu"(Chab.68a)
    Si Israel au pied du mont Sinai n'avait pas declare: "Tout ce que l'Eternel a dit nous le ferons et nous le comprendrons" (Ex.24:7) le monde se serait effondre et serait retourne au neant.
    Depuis que la Thora est sortie de sa source secrete et s'est repandue dans le monde; la vie et l'existence de ces mondes n'est garantie que par le souffle de notre bouche et de notre meditation de la Thora. Le degre de leur illumination depend de meme de l'intensite de notre etude; en nous rattachant a la Thora de toutes nos forces, nous insufflons dans l'univers une vie eternelle en provenance de la racine superieure intime de tous les mondes, et lui donnons un surplus de saintete et de lumiere.

    C'est par le souffle que D-ieu a cree le monde et c'est par le souffle qu'il subsiste: c'est-a-dire par le souffle de la bouche de ceux qui se livrent a l'etude de la Thora.

    La Thora n'est pas un moyen pour parvenir a un but, mais elle est en elle-meme la finalite de la Creation

    L'INTERPRETATION CREATRICE

    Il y a dans l'effort d'interpretation une activite creatrice de tres haute valeur, qui renouvelle le sens du texte, le reactualise, et contribue d'une maniere decisive au devenir du monde.
    Le commentaire n'est pas une paraphrase qui tente de saisir le sens "reel" du texte en soi, mais une interpretation, c'est-a-dire une maniere personnelle de l'apprehender.
    Les paroles des sages sont comme la braise qui dort sous la cendre, leur eveil depend de la vigueur du souffle de celui qui les interroge et les scrute.

    Chaque terme particulier dont l'homme renouvelle le sens, le Saint beni soit-Il l'embrasse, le couronne et en fait un nouveau monde distinct. C'est dans ce monde nouveau que parle la Thora lorsqu'elle nous dit: "des cieux nouveaux et de la terre nouvelle" (Isaie 66:22)

    Le commentaire n'est pas conservateur, de caractere repetitif, mais introduit des elements inedits, qui sans renier la formulation ancienne du texte, en proposent un sens nouveau. Il s'insere et se glisse dans ce que le Texte suggere sans l'affirmer explicitement, comme pour laisser a celui qui l'etudie le merite de la decouverte.

    Cette contribution originale, loin d'etre une distorsion du texte originel, doit au contraire etre consideree comme un approfondissement et un elargissement necessaire pour la comprehension integrale de toutes les nuances qu'il comporte. Si le commentaire s'eleve ainsi en dignite egale a celle du Texte et acquiert une valeur identique, c'est parce que les deux procedent de la meme source.

    Chaque mot prononce par celui qui etudie la Thora, chaque mot est une flamme issue de la bouche de D-ieu, et doit etre considere comme s'il etait recu en cet instant meme du Sinai, de la bouche du seigneur. Par la reactualisation de la Thora, la revelation du Sinai se poursuit et illumine les mondes de la meme lumiere superieure que jadis.

    Car D-ieu ecoute la voix de ceux qui etudient, et chaque mot dont le sens se renouvelle grace a l'effort ainsi consenti, D-ieu en fait un firmament.

    Ces paroles de Thora qui prennent un sens nouveau, se tiennent devant D-ieu, montent et deviennent "les terres de vies", elles descendent et forment des couronnes... Grace a cette interpretation nouvelle de la Thora, une terre nouvelle se forme. Comme dit le verset: "Comme les cieux nouveaux et de la terre nouvelle que, moi, je fais, subsistent devant moi ..." (Isa.66:22) Il n'est pas ecrit que "j'ai fait", mais "que je fais" -Car je continue a les faire sans cesse, grace a ces interpretations renouvelees des paroles de Thora.

    Aussi la Thora dit-elle: "J'ai mis mes paroles dans ta bouche ..., pour deployer les cieux et fonder une terre et dire a Sion: Tu es mon peuple (Ami)" (Isaie 51:16). Il ne faut pas lire "Ami" (mon peuple) mais "Imi" (avec moi): pour etre mon collaborateur. De meme que j'ai cree les cieux et la terre par ma parole, ainsi toi egalement tu crees les cieux par ta parole.


    Base sur: "Nephesh HaKhayim" (L'ame de vie) de Rabbi Hayim de Volozhyn
    Commentaires du traducteur du meme livre: Benyamin Gross.

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